Que savez-vous du café et des caféiers ?

Le café, compagnon apprécié et familier dès les premières heures de la journée, est à la fois un produit de consommation quotidienne et un univers riche de découvertes. Tout le monde le connait mais que savez-vous exactement ?

Les caféiers appartiennent au genre botanique Coffea, famille des Rubiacées (même famille que le Gardiena). La grande diversité de formes observées dans le genre Coffea résulte d’adaptations à des milieux naturels contrastés dans lesquels ont évolué les caféiers sauvages. Les caféiers proviennent, à l’état naturel, des forêts primaires de la zone intertropicale humide d’Afrique, de Madagascar, des Comores et des Mascareignes. Il n'y a aucune espèce originaire du continent américain où pourtant le caféier arabica est aujourd'hui massivement cultivé.

La caféiculture représente un enjeu économique majeur dans plus de soixante pays producteurs de la zone intertropicale humide d’Afrique, d’Amérique et d’Asie. Premier produit agricole d’exportation, le café occupe la deuxième place en valeur du commerce mondial, après le pétrole. Mais, parmi les plus de 124 espèces de caféiers sauvages actuellement recensées, seules deux espèces font l’objet d’une production mondiale : l’Arabica (Coffea arabica) et le Robusta (Coffea canephora).

Le café arabica est a un gout plus doux que le café robusta et possède beaucoup moins de caféine dans ses grains. L'arabica a, du fait de son origine génétique particulière (*), une diversité génétique très faible. Cette diversité a encore été réduite lors de son transfert en Amérique au moment de la découverte du Nouveau Monde. Du fait de cette faible diversité l'arabica est très sensible aux changements climatiques et aux maladies. Il pourrait facilement disparaitre. Le caféier arabica qui a besoin de températures fraiches pour fructifier correctement se cultive générallement en altitude. A l'inverse le caféier robusta fructifie très bien dans les régions de basse altitude.

Cependant, la destruction massive des forêts tropicales rend incontournable la sauvegarde des caféiers sauvages dans des collections vivantes ex situ, à savoir en dehors de leurs milieux naturels mais dans des conditions pédoclimatiques et environnementales se rapprochant au mieux de celles de leur habitat d’origine. Pour ce qui concerne les nombreuses espèces sauvages de Madagascar, l'unique collection au Monde se situe la station de Kianjavato. Cette collection pourrait disparaitre et doit faire l'objet d'une  protection attentive. Pour un ensemble d'espèces sauvages d'origine africaine ou des autres iles de l'Ocean Indien, il existe une très belle collection maintenue au sud de l'Ile de la Réunion, près de la ville de Saint Pierre.

Cette biodiversité naturelle constitue une banque de gènes d’intérêt majeur pour l’amélioration variétale des caféiers cultivés, tant sur le plan de la tolérance aux maladies et aux aléas climatiques, que sur celui de la production et de la qualité du café.

 

(*) L'espèce, Coffea arabica, est originaire d'Ethiopie. Alors que toutes les autres espèces de caféiers ont le même nombre de chromosomes (22), cette espèce en a le double (44). Les études scientifiques ont montré qu'elle était le fruit d'un croisement, entre deux espèces sauvages, qui se serait produit il y a plusieurs millions d'années. C'est un évènement qui ne s'est produit qu'une fois, ou un petit nombre de fois. Cet "accident génétique" lui a également conféré un mode de reproduction "autogame" lui permettant se s'autoféconder (le pollen de la fleur peut fertiliser les ovules de la même fleur). Les plantes "filles" sont donc quasi identiques aux plantes mères. Mais la conséquence de tous ces évènements est une homogénéité des plantes et une très faible diversité. La conséquence majeure est une susceptibilité forte soit aux changements climatiques soit aux maladies. Les espèces sauvages constituent le seul réservoir naturel de diversité face à ces changements. Il est donc primordial de les conserver.